Être présent sur les médias et réseaux sociaux implique une réflexion approfondie sur l'animation d'une communauté et d'un service relation public ainsi qu'un espace de communication. Oui, et ensuite ?

Diffuser simplement des actualités ou des informations

S'il faut en effet se poser les bonnes questions avant de se lancer sur ces plateformes, il est possible d'y aller sans forcément mettre en place tout un staff. Tout dépend de la structure, des raisons de sa présence et de ce qu'elle a à partager.

J'entends souvent dire qu'il ne faut surtout pas abuser des outils d'automatisation pour partager et diffuser des informations. Dans un monde idéal où toutes les structures auraient les moyens de gérer de manière optimale leurs comptes sur les médias et réseaux sociaux, oui, je suis d'accord. Hélas la réalité est toute autre.

Le compte Twitter du musée de Bretagne

Il y a quelques années j'ai travaillé au musée de Bretagne notamment sur la communication. Durant cette période, 2 expositions (sur les boat people et sur les femmes au Mali) se préparaient. Nous avions décidé de créer des sites pour présenter les expositions et diffuser des informations sur l'exposition et sur des actualités autour des sujets. Pour diffuser les contenus, nous avions créé un compte Twitter : @museedebretagne.
Ce compte, après quelques mois, bénéficiait d'un petit nombre d'abonnés qui, sans être impressionnant, n'était pas négligeable. Suite à mon départ, la question était de savoir ce qu'on allait faire de ce compte... Le laisser dépérir ?
J'ai alors mis en place un système purement automatique qui récupère les informations de l'agenda en ligne du musée pour les pousser sur Twitter. Ce n'est pas génial mais ça permet le minimum : diffuser une information régulièrement.
Si ces informations transmises automatiquement exaspéraient les abonnés, le compte aurait sans doute été fermé. Ce n'est pas le cas et il semble même répondre à une attente. Ce n'est pas axé sur le social mais le compte informe de l'actualité du musée.
Le compte du musée de Bretagne a plus de 4000 abonnés aujourd'hui.

Bien entendu, c'est un lieu culturel. Il y a plus d'évidence pour ce genre lieu à être présent sur ces plateformes. Je suis d'accord.

Un comte Twitter sur l'ergonomie

Il y a à peine deux ans j'ai créé un compte qui pousse, via des flux diverses, plus ou moins bien filtrés, des liens sur une thématiques (l'ergonomie). Ce compte Twitter est, un peu volontairement, un peu bourrin. A priori il ne bénéficie pas d'une aura comme celui du musée. Je voulais voir si la sauce allait prendre.
Malgré quelques comptes mécontents, souvent à juste titre, le compte est suivi et dépasse aujourd'hui les 1200 abonnés.
Il y a donc une place pour ce genre de comptes.

Et pour tenter une conclusion

Il est important, selon moi, de bien savoir ce qu'on veut faire sur ces réseaux (Twitter par exemple). Tous les comptes Twitter n'attendent pas forcément une animation poussée. Cela dépend des structures. Le musée de Bretagne gagnerait sûrement à travailler plus en profondeur leur présence sur Twitter (plus de 4000 abonnés ça fait quand même un peu rêver même si on pourrait atteindre les 10000). Ils n'en ont pas les moyens.

Pour l'autre exemple, il faut croire qu'il répond à un besoin d'information sur le sujet. Tout n'est pas intéressant sur les statuts de ce compte mais les abonnés font le tri, mettent en favori ou retweetent les contenus intéressants (ce qui permet, au passage, de repérer dans ce flux ceux qu'il faut lire).
Les abonnés comprennent souvent d'eux-mêmes quand un compte est un bot ou pas, s'ils peuvent interagir ou non avec. S'ils n'aiment pas, ils ne suivent pas, ils sont libres !

Il y a donc des espaces pour diffuser les informations des structures sans qu'elles soient obligées d'embaucher un community manager. Tout dépend des ambitions et de la stratégie de chaque structure. Quand les choses sont claires, il n'y a pas de malentendu, ou peu.

Après, lorsque la stratégie change, pour des raisons internes ou externes, il sera toujours temps de changer de braquet...

PS : Toutes mes tentatives de bots sur les réseaux sociaux n'ont pas réussi, loin de là. Il faut bien entendu répondre à une attente, que celle-ci soit antérieure (on peut imaginer que des personnes désiraient être tenues informées des actualités du musées de Bretagne bien avant la création de Twitter) ou créée par le compte. Ce que nous définissons comme curation répond en partie à ces attentes en proposant un flux  filtré par un professionnel sur un sujet précis. Pour que ce flux intéresse il faut qu'il soit unique dans son genre.

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