La communication pour les domaines du spectacles vivants est souvent négligée ou, du moins, n'est pas une priorité. Quand il s'agit de petites structures, c'est compréhensible. Quand il s'agit d'institution, ça inquiète. Mais ce qui semble le plus problématique, c'est cette vision restrictive de ce que peut être le web en matière de culture.

Communiquer, c'est bien, et créer des relations, c'est mieux

C'est un combat de longue haleine pour moi la culture et le web. D'abord pour y défendre une autre façon de communiquer. Le web permet aux acteurs culturels d'être indépendant vis à vis des médias traditionnels peu enclins à parler culture aujourd'hui. Un lieu culturel ou une compagnie de théâtre peuvent ainsi, à moindre coût, parler de ce qu'ils font, informer et, lorsqu'ils y mettent un peu de moyens, scénariser les informations. Avec les techniques de storytelling, la communication culturelle gagnerait en profondeur.

Je vous invite à lire la première partie de cette réflexion ici : Espace culturel et visibilité.

Quelles nouvelles relations avec le public

Pour que cette communication nouvelle porte ses fruits, il faut dépasser le principe de communication. Les médias, et le web particulièrement, sont envahis de communication, de pratiques marketing. Les acteurs culturels se doivent de se démarquer. Ils peuvent détourner les méthodes utilisées dans le privé pour valoriser leurs contenus mais cela ne semble pas suffisant.

Théâtre des Amandiers : Ça va commencer ! macbeth

Théâtre des Amandiers : Ça va commencer ! macbeth

Il est indispensable de repenser les relations entre les lieux, les compagnies, les institutions et le public. Le public est au centre, il devrait en être un des acteurs. Comment lui permettre de se réapproprier ces espaces sans pour autant lui donner un rôle autre que le sien. Le web propose des espaces sociaux qui peuvent accueillir des expériences relationnelles nouvelles.

En scénarisant la communication, les informations à partager ne seraient plus juste une actualité à un instant T mais un maillon de l'histoire d'un projet, d'un lieu ou d'une équipe. Une histoire à raconter est un des premiers aspect d'une relation entre des individus.

Une affiche qui annonce les dates d'un spectacle, au-delà de l'émotion que peut produire celle-ci, ne crée pas de relationnel. Le lien est trop fragile ou trop faible. Il faut aller plus loin, nourrir l'imaginaire des publics, leur donner envie.

Un peu de stratégie

Certains artistes, via les réseaux sociaux les plus connus, partagent leurs émotions, leurs rencontres, les différentes étapes de leurs projets. Cela crée des relations, parfois fortes, mais cela reste éparpillé. La communication et les relations publiques ne sont pas des domaines d'improvisation.

Ces artistes gagneraient à être soutenus par les lieux qui les accueillent, par les espaces qui les produisent, pour mettre en place une communication riche, intelligente et toucher un public plus important.

Tout cela est bien joli, mais les budgets ne le permettent pas, disent-ils. Oui. Je préfère aussi que la plus grande partie des budgets alloués à la culture aillent dans la création. Aujourd'hui, ce n'est pas toujours le cas, hélas. L'administratif, partie ô combien importante, demande beaucoup de moyens pour faire tourner l'ensemble. Je reste pourtant persuader qu'elle pourrait peser moins dans la balance et permettre aux créations de mieux s'épanouir.

Il ne faut pas considérer la communication et les relations publiques comme une fin en soi. Ce ne sont que des outils pour valoriser les spectacles, les créations, les artistes. Avec le public, ils doivent être au centre des institutions, au centre des projets. La communication n'est là que pour favoriser au mieux la rencontre avec le public en amont, pendant et en aval.

Nuage de tags culture

En aval ?

Trop souvent, une fois le spectacle passé, la mémoire de cet événement disparaît. Combien de fois, quelques jours après un festival ou un spectacle, j'ai vu toutes les informations disparaître du site. C'est passé, on passe l'éponge sur le tableau, la mémoire est en nous. Même si j'aime l'idée d'un spectacle vivant dans nos mémoires, déformé par nos souvenirs auxquels se mélangent les dires des uns et des autres, le web se doit quand même d'être aussi un lieu de mémoire. L'histoire s'écrit aussi avec le passé.

La communication en aval ne s'arrête pas là. Comment mettre en valeur les regards des publics, comment construire la relation avec le public au-delà du temps de l'événement, au-delà des murs du lieu qui l'a accueilli.

Il n'y a pas un modèle à suivre mais des expériences à faire pour que le public et les acteurs culturels trouvent sur le web des espaces où écrire les dialogues avec des mots, des photographies, des vidéos, des dessins. Dépasser l'ère du partage abyssal pour repenser la parole et l'échange.

Voir aussi des exemples de publications sur les réseaux :

  • Le TNB met en ligne un centre de ressources pour accéder à plus de 50 ans de photographies :

     

  • Le Théâtre des Amandiers teste de nombreuses approches sur les réseaux et médias sociaux (Instagram) et récemment sur FlipBoard
  • Les Champs Libres présentent avant l'ouverture d'une exposition les objets :

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